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11 octobre 2014

DROIT DE REPONSE

Donneur de leçons, mais surtout de dividendes ...

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La publication de l’entretien de M. Henri de Castries à la Une du Monde, le 26 août dernier, a provoqué la stupéfaction dans l’Entreprise Axa, et au-delà. Une réponse de la CGT Axa nous a paru légitime afin que puisse exister un véritable débat social et économique.

Car en tant que salariés, nous subissons au sein de l’entreprise, année après année, une dégradation constante de nos conditions de travail dont l’unique explication objective réside dans la volonté qu’a notre direction d’accélérer encore et encore la réalisation de gains de productivité records.

Et nous n’avons désormais, pour beaucoup d’entre nous, plus aucune perspective professionnelle, pas plus que de garanties quant à la pérennité de notre activité.

M. de Castries considère que l’Etat français est « obèse et carnivore » et que les citoyens « ressentent (...) un excès de prélèvements et un manque de moyens ». Pour autant, il n’évoque pas les causes des déficits, bien au contraire il encourage le gouvernement à précariser et à appauvrir d’avantage une majorité de la population pour toujours mieux rémunérer une minorité. AXA distribue actuellement les trois quarts du fruit du travail de ses salariés en dividendes aux actionnaires.

De notre côté à la CGT, nous dénonçons la dilapidation du bien commun par le biais de cadeaux au patronat, que ce soit sous forme de crédits d’impôts, d’exonérations de salaires socialisés ou de subventions, tout cela sur fond de chantage à l’emploi...

C’est cette politique qui aggrave les déficits des caisses sociales, gèle la progression des salaires, réduit les champs des solidarités et culpabilise les exclus du travail. Elle permet, sans aucun engagement contractuel en termes de contreparties, l’évasion des profits qui vont emplir un peu plus les cavernes des paradis fiscaux. Elle encourage toutes les spéculations destructrices.

M. de Castries réclame une gestion saine. Nous aussi, mais dans une toute autre perspective…

Notre PDG évoque une augmentation d’impôt pour le groupe Axa de 100 millions d’euros. Il omet de mentionner le bénéfice d’un crédit d’impôt de 20 millions d’euros pour l’Entreprise au titre du CICE, auxquels s’ajoutent diverses aides publiques... Pas plus ne mentionne-t-il nulle part les fortes réductions d’effectifs dans l’entreprise pourtant très fructueuses sur le plan du profit immédiat pour Axa.

La CGT s’interroge sur le bien-fondé de l’allocation d’une manne financière comme le C.I.C.E. pour l’Entreprise :

  • Au 1er semestre 2014 AXA affiche un chiffre d’affaires en hausse de 2 % à 50 milliards d’euros, avec 2,8 milliards d’euros de résultat opérationnel (soit une progression de 20%). Résultats obtenus notamment par un quasi-gel des salaires, et de nombreuses suppressions de postes. Dans le cadre des accords GPEC (Gestion Prévisionnelle de l’Emploi et des Compétences) au sein d’Axa, les recrutements pour la période 2013-2015 ne seront que de 700 à 900 personnes, pour 2600 départs...
  • Nos conditions de travail se détériorent de jour en jour, et la réduction des effectifs menace l’existence de certains sites en province. Cette situation intenable a conduit plus de 2 500 salariés d’Axa à signer massivement une pétition exigeant l’embauche en CDI de nos collègues actuellement en contrat de professionnalisation, d’alternance ou à durée déterminée.

AXA a été cette année le plus important payeur de dividendes en France (2,7 milliards de dollars).

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En 2013, M. de Castries est le patron du secteur français de l’assurance le mieux payé. Il a reçu 4,73 millions d’€ (+6%). Quant à M. Duverne, DG délégué d’AXA, il a perçu 3,4 millions d’€ (presque équivalent à la rémunération du PDG de la Société Générale).

Au vu de ces éléments, où est le partage de richesses annoncé ? N’est-il pas nécessaire d’instaurer un contrôle des aides publiques par les salariés et leurs représentants ?

Considérant que « le pacte de responsabilité est nécessaire mais pas suffisant », le PDG d’AXA est revenu sur son « annonce » formulée à l’occasion de la journée sur l’apprentissage, lors de la venue du Premier Ministre, au siège d’Axa en juin 2014 :

L’embauche de 20 000 jeunes, de moins de trente ans, en Europe, dont 9 000 en France. La réalité, une fois l’effet d’annonce passée, est que ces embauches s’étaleront sur 5 ans et se feront pour moitié en contrats précaires. Au total 4000 jeunes par an dont, au mieux, 2000 CDI.

M. De Castries élude, par ailleurs, les très lourdes conséquences de la politique de l’emploi menée au sein d’AXA sur la progession du chômage en Europe et plus particulièrement chez les jeunes. En effet, de 2008 à 2013, les effectifs d’Axa en Europe sont passés de 77 851 à 70 614, avec le départ de 3 835 jeunes de moins de 30 ans.

Une tendance que l’on observe également à l’échelle mondiale sur la même période dans le groupe, avec une décrue de 27 129 emplois, dont 56% de jeunes de moins de 30 ans.

En conclusion, M. de Castries met bien à son crédit les recrutements, mais par pudeur entrepreneuriale sans doute, il n’aborde pas les lourdes diminutions d’effectif conduites. En 2013, AXA France fait état de 702 embauches pour 1 040 sorties parmi le personnel commercial. Seuls 135 salariés précaires sur 900 ont obtenu un CDI au sein de l’Entreprise.

Ces éléments devaient être portés à la connaissance des lecteurs du « Monde », des salariés d’Axa aussi.

Y réfléchir contribue à esquisser d’autres choix.

Avec la CGT

Téléchargez le texte du droit de réponse adressé au journal Le Monde

la réponse de la CGT Axa (PDF - 41.2 ko)