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28 septembre 2016

La lettre de l’UGICT CGT

Austérix le Gaulois

Le petit gaulois convoqué dans la campagne des primaires de la droite en apéritif de la présidentielle... Uderzo et Goscinny n’en demandaient peut-être pas tant. Et les historiens un peu sérieux ont de quoi s’étrangler.

Mais par Toutatis, que tout ça nous promet une campagne de haut-vol ! Après un été consacré à l’essentielle question du burkini, c’est bien sur les questions identitaires et dans le marigot de l’extrême droite que le débat semble devoir se jouer. Notre pays serait ainsi un village assiégé ?

Alors même que les Français mettent toujours et invariablement les questions sociales au premier rang de leurs préoccupations, alors que la question de l’industrie est à nouveau dramatiquement illustrée par la menace qui pèse sur Alstom, cette entame de la présidentielle montre combien il va falloir jouer des coudes, hausser le ton, mobiliser si l’on veut que la parole des salariés, des privés d’emploi, des retraités, des jeunes s’exprime. Si l’on veut que les grandes questions sociales et économiques aient droit de cité.

Le ciel peut bien nous tomber chaque jour sur la tête, ces débats clivants et les solutions démagogiques à l’emporte-pièce n’ont d’autre ambition que de mettre sous le tapis pour mieux les perpétuer les mêmes choix économiques, le même vide en matière de politique industrielle, la même austérité mortifère.

D’austérité, il en a pourtant bien été question la semaine dernière alors que Marisol Touraine se réjouissait du retour à l’équilibre des comptes de la Sécu. Ce fameux « trou » dont les libéraux nous rebattent les oreilles depuis des lustres serait donc en voie de comblement.

Mais à quel prix ! Modulation des allocations familiales, transfert des allocations logement au budget de l’Etat durcissement des conditions d’attribution, baisse des taux de remboursement et transfert de la charge sur les complémentaires, suppression de milliers d’emplois dans les caisses et organismes de la protection sociale, de la santé et du médico-social... Et que dire du recul du niveau de vie des retraités ?

Décidément, la potion n’a rien de magique. C’est juste un amer breuvage.