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24 mars 2014

Axa en Belgique

Axa lance un ultimatum à son personnel

La direction du groupe d’assurance veut renégocier la convention collective de travail.

Le patron français d’Axa assurance a entamé un bras de fer avec son personnel. Ce jeudi, Emmanuel de Talhouët a annoncé aux syndicats qu’il comptait renégocier la convention collective de travail (CCT) datant de 2002. "Cela fait un an que ce dossier est sur la table , explique le CEO. Je ferai tout pour éviter ça mais si on n’avance pas, je dénoncerai unilatéralement cette CCT. Ensuite, cela nous laissera trois semaines avec les syndicats pour voir s’il faut absolument aller jusque-là."

La dénonciation d’une CCT est un événement assez rare qui aurait pour conséquence de rompre le dialogue entre les partenaires sociaux. Précisons que les effets d’une telle décision ne se feraient pas sentir sur les employés actuels mais uniquement sur les nouveaux recrutements. Le groupe emploie actuellement 5 000 personnes, dont 2 000 cadres.

La direction estime que renégocier la CCT est indispensable pour l’avenir d’Axa assurance. "Aujourd’hui, chaque 1er janvier, une indexation de 2,3 % est ajoutée à l’indexation automatique des salaires, déclare Emmanuel de Talhouët. Nous ne pouvons plus payer trois fois l’indexation car nous sommes la seule compagnie à encore le faire. Notre objectif est d’arrêter ce système pour le 1er janvier 2015."

Pourtant, Axa assurance se porte bien

Emmanuel de Talhouët insiste, néanmoins, sur le fait qu’Axa assurance est en bonne santé financière. "Il y a trois ans, nous avons commencé à réévaluer nos polices d’assurance pour les proposer au juste prix, déclare-t-il. Nous arrivons maintenant au bout de ce processus. Chaque année, nous augmentons notre rentabilité de quelques pour-cent." Fin de l’année dernière, le ratio combiné d’Axa était de 97,2 %. Cela signifie que la somme des frais de gestion et du coût des sinistres est inférieure au total des primes encaissées.

Pourquoi vouloir à tout prix renégocier la CCT si Axa est dans une position confortable ? "Les salaires représentent environ 50 % de nos frais généraux. L’augmentation de notre masse salariale de 2,3 % + l’index risque de se répercuter sur les primes payées par nos clients, argumente-t-il. Actuellement, nous sommes compétitifs mais je refuse d’augmenter les primes plus qu’il n’est nécessaire. Une telle indexation est insupportable car nous évoluons dans un environnement de taux bas."

"Plus de bonus pour les cadres"

L’évolution de la masse salariale est loin d’être le seul élément que le patron d’Axa aimerait renégocier. "Historiquement, notre structure est complexe car Axa est issu de nombreuses fusions, précise Emmanuel de Talhouët. Il existe 800 statuts différents pour 2 000 cadres. Il faut une armée pour gérer tout ça. Nous aimerions aussi remplacer l’indexation de 2,3 % par un système lié au mérite. Deux tiers de nos cadres ne reçoivent aucun bonus. C’est une exception dans le paysage de l’assurance."

Le CEO d’Axa est bien conscient que la dénonciation d’une convention collective risque de très mal passer auprès des syndicats. "Cela fait longtemps qu’une entreprise financière n’a pas dénoncé de façon unilatérale une convention, explique Emmanuel de Talhouët. Cela pourrait créer du mécontentement, du mouvement…"

On n’en est cependant pas encore là. La dénonciation unilatérale de la CCT est plutôt une arme pour inciter les syndicats à négocier.
Source : lalibre.be