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23 avril 2014

1er Mai 2014 : pour le progrès social

Austérité… n’ayons pas peur des mots

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Tout son poids dans la balance… François Hollande ne sait plus comment convaincre l’opinion de croire en une baisse du chômage. Aussi a-t-il, la semaine dernière, conditionné sa candidature à un second mandat à un recul du chômage. C’est dire s’il a lui-même assez peu confiance dans la réussite de son « pacte de responsabilité » et dans les mesures d’austérité annoncées par Manuel Valls.

Austérité… un mot tabou que le Premier ministre réfute alors même que par exemple il a annoncé aux 5,2 millions de fonctionnaires que le point d’indice, qui sert de base au calcul de leurs salaires, va rester gelé pendant sept années consécutives, jusqu’à la fin du quinquennat en 2017. Valls est pris dans les mêmes circonvolutions de langage que François Fillon lorsqu’il réfutait lui aussi le terme.

Austérité, le vilain mot, la vilaine chose. Le locataire de Matignon ne veut pas dire « se serrer la ceinture, mais « contribuer à l’effort commun ». "Il ne s’agit pas d’un plan d’austérité", a affirmé M. Valls, arguant que l’austérité "ce serait d’empêcher la création d’emplois publics".

Tout est affaire de communication, mais décidément, « les précautions oratoires du Premier ministre concernant la défense du SMIC et de notre modèle social ne suffisent pas à masquer l’inégalité de l’équation : 30 milliards d’euros de cadeaux au patronat = 50 milliards sur le dos des salariés, des privés d’emploi et des retraités, qui seront, au bout du compte, les seuls à se répartir la facture », a protesté la CGT après les annonces de Manuel Valls.

C’est bien en effet d’austérité dont il s’agit, alors même que depuis plusieurs années, des économistes s’émeuvent jusque parmi ceux du FMI ou de l’OCDE, des effets négatifs de l’austérité qui plombent les chances d’une reprise.

La politique de François Hollande est enfermée dans la double contrainte de faire baisser ce que les libéraux appellent « le coût du travail » qui n’est autre que du salaire direct, indirect et socialisé rétribuant travail et contribuant au « hors travail » et dans le dogme de la réduction drastique des déficits publics. En cela, elle réplique la politique de son prédécesseur, rompant avec la promesse de changement. Comment s’étonner dès lors de la fronde et des atermoiements au sein de sa propre majorité.

Face à ce qu’il convient donc d’appeler des mesures d’austérité qui nous emmènent dans le mur, nous devons à l’inverse revendiquer l’augmentation des salaires et des pensions, l’amélioration de nos conditions de vie et de travail, la reconnaissance de notre travail et une véritable politique de relance économique qui favorise la création d’emplois de qualité.

Opposer à la crise des mesures de progrès social comme moteur de la reprise économique, voilà ce que nous devons faire. C’est entre autres choses ce que nous dirons le 1er mai prochain.